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VIH/SIDA et malnutrition sévère. Prise en charge de l’enfant en unité de réhabilitation nutritionnelle au Burkina Faso

by Savadogo, Léon GB

Abstract (Summary)
Le présent travail repose sur l’hypothèse que l’infection par le VIH provoque et/ou aggrave les déficits nutritionnels de l’enfant. Ces déficits nutritionnels aggravent le déficit immunitaire et ont un impact négatif sur la survie de l’enfant infecté par le VIH/SIDA. Mais cette malnutrition même grave peut être améliorée et l’amélioration de l’état nutritionnel peut améliorer la santé d’enfants infectés par le VIH, en stade avancé de la maladie, afin de rendre possible leur prise en charge par les antirétroviraux. Les travaux ont été réalisés au Burkina Faso. Le contexte géographique est favorable au développement des maladies infectieuses et parasitaires. La mortalité infanto juvénile y est élevée et ainsi que la proportion d’enfant malnutris. Bien que la courbe de la prévalence du VIH montre un début de ralentissement, l’infection continue de progresser chez les enfants. Principales conclusions et implications de nos travaux : ? Au Burkina Faso, la létalité pédiatrique demeure élevée (>15%) et la malnutrition est la cause sous jacente de plus des 2/3 des décès. Une évaluation de l’état nutritionnel à l’admission permettrait de sélectionner les enfants à risque et de réduire la mortalité par une prise en charge adéquate de la malnutrition et de l’infection. ? Les unités de réhabilitation nutritionnelle sont confrontées à des enfants gravement malnutris qui présentent un risque très accru de décès. Il est urgent de donner à ce type de structure les moyens de mettre en œuvre efficacement le protocole OMS de prise en charge des enfants malnutris sévères. Il est également urgent d’organiser la prise en charge communautaire de la malnutrition pour une meilleure prévention de la malnutrition et une prise en charge précoce des cas. ? Plusieurs des enfants admis dans les unités de traitement de la malnutrition sévère sont également infectés par le VIH/SIDA. Les indices anthropométriques de sont ne discriminent pas les enfants atteints du VIH/SIDA de ceux non atteints. Proposer le diagnostic du VIH/SIDA à tous les enfants malnutris sévères au moment de leur admission au CREN ne semble pas une approche de santé publique efficiente dans un contexte étudié. Des indices sociaux établit à partir de variables sociales permettent de classer les enfants malnutris sévères, dans le groupe de ceux à qui il faut d’emblée proposer un diagnostic du VIH/SIDA. L’utilisation d’un schéma d’aide à la décision médicale a été proposée, la spécificité de cette approche atteint 97,6%. ? Dans le processus du diagnostic du VIH/SIDA de l’enfant, il est indispensable d’impliquer les parents, notamment le père dont le rôle est capital dans l’acceptation du test diagnostique et du résultat, notamment positif. ? Lorsqu’ils sont à la phase de malnutrition sévère le pronostic des enfants atteints du VIH/SIDA est réservé. Dans les unités de traitement de la malnutrition sévère il est important de détecter ses enfants rapidement pour leur offrir des soins adaptées (traitement des infections opportunistes), voir les évacués rapidement vers les milieux pédiatriques. Et en amont il est indispensable, que les différents acteurs conjuguent les efforts pour rendre possible le diagnostic précoce de l’infection par le VIH chez l’enfant et accélérer l’accès à la prophylaxie (Cotrimoxazole, vaccination, suivi nutritionnel) des enfants infectés et l’accès aux ARV. ? Nos travaux n’ont pas mis en évidence un intérêt d’une dose additionnelle de micronutriments par rapport à la dose actuellement recommandée pour la prise en charge nutritionnelle des malnutris sévères infectés par le VIH/SIDA. En conclusion : Malnutrition et infection par le VIH interagissent pour accroitre le risque de survenue du décès chez l’enfant. La réhabilitation nutritionnelle est possible chez les enfants malnutris sévères qui ne décèdent pas de façon précoce, cependant, il faudrait entamer la trithérapie le plus rapidement possible étant donné l’immunodépression sévère observée chez ces enfants. La prévention des infections opportunistes et le suivi nutritionnel des enfants nés de mères séropositives et le diagnostic précoce de l’infection chez les enfants et l’accès rapide aux ARV de ceux qui sont infectés sont les actions qui permettront de réduire la survenue de la malnutrition sévère chez ces enfants et alors de réduire la forte mortalité observée.
Bibliographical Information:

Advisor:Philippe DONNEN; Jack LEVY; Philippe LEPAGE; Paluku BAHWERE; Philippe HENNART; Alain LEVÊQUE; Laurent OUEDRAOGO; Michèle DRAMAIX

School:Université libre de Bruxelles

School Location:Belgium

Source Type:Master's Thesis

Keywords:sida vih enfants malnutrition sévère burkina faso

ISBN:

Date of Publication:09/18/2007

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