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Contribution à lamélioration de la gestion des déchets ménagers solides dans les villes de pays en développement. Le cas de Dakar au Sénégal

by Kapepula, Ka

Abstract (Summary)
UNIVERSITE DE LIEGE Centre Wallon de Biologie Industrielle Contribution à lamélioration de la gestion des déchets ménagers solides dans les villes de pays en développement. Le cas de Dakar au Sénégal Thèse présentée par Dominique KAPEPULA-KA-MBAYU En vue de lobtention du grade de Docteur en sciences de la Santé Publique Option : gestion hospitalière Mars 2007 Résumé La gestion des déchets solides en général, et celle des ordures ménagères en particulier est complexe. Elle nécessite une recherche permanente de nouvelles solutions adaptées aux conditions socio-économiques, culturelles et environnementales. Le but de cette recherche est de favoriser une prise en charge des déchets à la base, réduire les coûts denlèvement et délimination des ordures, sauvegarder la santé publique et protéger lenvironnement des villes en général et celui de Dakar en particulier. Pour y arriver, il faudrait créer un système dynamique, mobilisateur, adéquat, participatif et générateur demploi depuis la base jusquà la fin du parcours du déchet. Sans une préoccupation économique en son sein, tout système de gestion des déchets des communautés urbaines risque de déboucher sur des problèmes de tout genre, en loccurrence : - des problèmes financiers ; - des problèmes dhygiène ; - des problèmes de santé publique et environnementale. Jusquà ce jour, la problématique de la gestion des déchets dans les villes des pays en développement en général et africaines en particulier, sarticule autour de plusieurs facteurs esthétique, psycho-social, médico-sanitaire, institutionnel et technique. Mais ils sont liés aussi à lurbanisation et à laccroissement fulgurant de la population et de manière subséquente, à des quantités dordures produites par les ménages, ladministration, les écoles, les hôpitaux, les marchés, les rues, les sociétés commerciales et industrielles. En fait, les déchets solides urbains, en grande partie non séparés, non triés puisque considérés comme sans valeur et non collectés, sont déversés impunément sur des terrains vagues, dans les rigoles, des caniveaux, dans et aux abords des rivières, des ravins ou autres crevasses, où généralement ils finissent par constituer des décharges sauvages souvent responsables dénormes problèmes environnementaux et de santé publique Au point de vue environnemental précisément, cette situation entraîne le développement des aspects esthétiques des plus déplorables dus à loccupation et lencombrement des voies publiques de jour comme de nuit dans la plupart des quartiers. Plusieurs zones sont inondables dans ces villes, allant de linondation temporaire à lhydromorphie. Ces phénomènes sont de plus en plus préoccupants non seulement au niveau de la voie publique mais aussi aux abords des marchés, sur les itinéraires des bus et les places publiques. Ceci pose des problèmes de sécurité et de salubrité. Les déchets industriels et hospitaliers sont produits et évacués par les sociétés elles-mêmes et leurs risques sont mal connus Pour les mêmes raisons que celles évoquées ci-dessus, la collecte et lévacuation dordures ménagères sont confrontées à dénormes difficultés, liées entre autre à linaccessibilité de certaines rues du fait de linsuffisance de lemprise (ruelles étroites), de labsence de trame urbaine apparente, de la non-carrossabilité des voies ou de la défectuosité des chaussées. De ce fait, on assiste à la prolifération de dépôts sauvages qui peuvent traîner pendant longtemps avant leur éradication complète. Ceci pose des problèmes de santé publique parfois denvergure auxquels les populations du fait de la faiblesse de leurs revenus, ne peuvent faire face. Il existe également une faible implication de la population et une sensibilisation déficiente qui occasionnent un encombrement de la voie publique qui rend difficile la collecte durant le jour. Le système actuel de gestion des déchets est basé sur une vision hygiénique de la situation considérant les déchets comme étant nuisibles et bons à être évacués en vrac vers la décharge brute ou sauvage sans se préoccuper des conséquences sanitaires, environnementales et économiques inhérentes. Grâce à une prise en charge officielle des déchets à la base, à leur récupération et à leur recyclage, le système de gestion des déchets pourrait avoir moins de problèmes économique, hygiénique, de santé publique et environnementale. Par une prise en charge à la base, nous voulons simplement dire que le déchet doit être piloté dès sa création, au cours de sa vie et jusquà sa mort. Ce processus de prise en charge des déchets dès leur naissance, à lère des nouvelles technologies, est une filière hygiénico-économico-environnementale. Cest aussi une voie par excellence de la collecte sélective et un précurseur de la valorisation des déchets par nature. On a pu remarquer que plusieurs concepts sont associés au déchet lui donnant ainsi une dimension pluraliste. Le déchet est associé à lenvironnement, à la pollution, à la santé et à lhygiène, à la santé publique, à la maladie, à lépidémiologie, à la prophylaxie, à la médecine préventive, curative et promotionnelle, à la promotion sanitaire et sociale, à la prévention,etc. Pour la prise en charge du déchet par les populations des Pays en développement nous avons constaté que les techniques de collecte, de récupération, de combustion, de transformation en produits finis, de compostage et de méthanisation sont régulièrement utilisées et surtout de manière informelle avec plus ou moins de succès pour certaines (surtout le modèle chinois mais à faible productivité et plusieurs échecs pour beaucoup dautres). Comme nous lavons annoncé dans la 1ère partie, le choix de la décharge brute dans la quasi-totalité des villes des pays en développement, comme optique officielle pour le traitement des déchets notamment de la ville de Dakar semble être lune des raisons de ces divers échecs avec à la base la collecte des déchets en « vrac ». Ainsi labsence manifeste de tri formel, est devenue une contrainte pour que le déchet évolue vers létat de matière première secondaire. La revue de la littérature théorique sur les déchets, nous a permis de découvrir les instruments économiques de gestion de lenvironnement tels que les taxes et redevances, les droits à polluer, les permis négociables et le principe pollueur payeur. Les études empiriques, ont montré limportance et la multidisciplinarité dun domaine de lenvironnement que sont la production, la collecte, le traitement et leur gestion. Ces études nous ont offert la possibilité de recenser les éléments retenus par divers chercheurs comme étant la cause de laugmentation de la production des déchets solides (absence de tri, revenu , mentalité, méconnaissance du déchet). La gestion des ordures ménagères de Dakar évolue mais elle comporte encore certaines insuffisances. Outre, les coûts non maîtrisés du service de voirie et les conditions partielles et défectueuses délimination des ordures dans la collectivité, le financement du service fait défaut : La taxe denlèvement des ordures ménagères sensée couvrir les charges occasionnées par la prestation du service de voirie nest que faiblement recouvrée. Cest lenjeu dune solution viable pour ces différents problèmes qui nous a amené à chercher les causes de limportante offre dordures de la part des ménages de Dakar. Cette démarche méthodologique a consisté dabord en létablissement dun cadre danalyse ; il sagissait dun modèle économétrique sintéressant aux caractéristiques des ménages. Ces caractéristiques tiennent lieu de facteurs structurels, démographiques, techniques et socio-culturels supposés avoir une influence sur loffre dordures des ménages de Dakar. Cela a nécessité la conduite dune enquête auprès des ménages concernés ; cette enquête a porté sur un échantillon de cent ménages repartis proportionnellement sur les neuf zones de collecte. Il ressort de lanalyse des tests empiriques effectués que loffre dordures des ménages de Dakar est liée à leurs caractéristiques ou comportements tels la taille du ménage, leur consentement à payer, la distance au moyen de collecte ainsi que la fréquence à laquelle les ordures sont collectées. Le facteur démographique sest révélée être le facteur le plus significatif ; la variable taille du ménage a un impact positif sur loffre dordures des ménages. Les facteurs techniques, notamment la fréquence de collecte et la distance au moyen de collecte, sont également déterminants dans la quantité dordures offerte. Toutefois, la fréquence denlèvement a un impact négatif, la distance influence positivement les ordures offertes à la collecte. En outre, la théorie pigouvienne sur les externalités trouve confirmation dans cette étude : le consentement à payer du ménage apparaît aussi comme un facteur incontournable dans lexplication de la production des ordures ménagères. Linsuffisance des infrastructures techniques saccompagne dun enclavement de certaines zones de collecte ce qui éloigne les ménages des moyens de collecte et rend rarissime la collecte des ordures ménagères. La paupérisation dune grande partie des ménages citadins conjuguée au laxisme de la tarification des ordures entrave toute initiative de réduction de loffre dordures de leur part. Quant à la politique démographique en vigueur au Sénégal, elle na ni abouti à une réduction sensible du taux daccroissement naturel de la population, ni réussi à endiguer le phénomène inquiétant de lexode rural vers Dakar. Une intervention adéquate de lEtat et des autorités municipales savère donc nécessaire pour parvenir à lobjectif de lamélioration du cadre de vie de la ville de Dakar. Sans pour autant prétendre avoir formulé une théorie de gestion des ordures ménagères, lanalyse des résultats de tests empirique nous inspire quelques recommandations pour une gestion écologiquement rationnelle des ordures de Dakar. Lanalyse des facteurs influençant loffre dordures des ménages de Dakar permet daffirmer quune stratégie de réduction de celle-ci, doit mettre laccent à la fois sur les variables démographiques, économiques et techniques. La mise en uvre dune telle stratégie nécessitera lintervention de trois principaux acteurs de la gestion des ordures que sont : lEtat, Dakar et la population. La réduction de la taille relativement importante des ménages de Dakar doit se situer dans le cadre de la politique démographique du Sénégal. Celui-ci a adopté en avril 1988 une déclaration de politique de population (DPP) qui visait entre autre, la réduction du rythme de la croissance démographique et la mise en valeur des potentialités régionales. Dans lesprit de cette déclaration, le plan dorientation pour la développement économique et social 1996-2001 (IXème plan 24) a arrêté un taux daccroissement naturel de 2.6% en lan 2000 et de 2.2% en lan 2015. Loffre dordures ménagères réagira à cette situation et baissera en conséquence. Toutefois, lécosystème urbain de Dakar gagnerait plus dans la délocalisation dun certain nombre de ses unités industrielle vers le reste du pays. Ceci aurait pour effet de réduire le flux dexodants ou dimmigrants de Dakar qui participent à la dégradation de son cadre de vie. La politique de décentralisation dans laquelle létat sénégalais sest engagé peut aider à la réalisation de cet objectif. Mais la décentralisation est synonyme de transfert de certaines compétences de létat vers les collectivités publiques et le renforcement du cadre institutionnel. Lamélioration du service de voirie de Dakar passe nécessairement par un relâchement des contraintes institutionnelles notamment en matière dautonomie financière. Cette amélioration doit viser en priorité les quartiers les moins desservis à cause de linsuffisance dinfrastructures adéquates. Les coûts sociaux des populations les plus défavorisés qui y vivent doivent également être touchés. Malgré les efforts entrepris, il existe un écart entre les missions de la collectivité et la réalité observée sur le terrain. Les défis auxquelles la ville de Dakar est confrontée sont nombreux et seront aggravés par la tendance à une urbanisation non contrôlée. La solution au problème démographique nest pas le seul préalable aux problèmes de dégradation du cadre de vie de population de Dakar. A défaut dune taxation unitaire (au poids ou au volume), une taxe qui serait en fonction des préférences des ménages est à étudier. Bien entendu, celle-ci doit être conjuguée avec une réglementation garantissant le droit de propriété de manière à éviter tout comportement déviant ou maraudage de la part des usagers du service de la voirie. La pertinence de la liaison entre la variable CAP et les ordures que les ménages dégagent pour la collectivité autorise à penser que limposition dun prix équivalent au prix de réservation variable selon les ménages serait salutaire. Les données de lenquête qui ont été mené a propos de la TEOM et du CAP sont assez parlantes. Alors que les données recueillies sur la TEOM révèle une moyenne annuelle de 17031,25 francs CFA , celle du CAP montre une moyenne mensuelle de 2113,75 francs CFA. Rapportés à lannée, cette moyenne sélève à 25.365 francs CFA par ménage, révélant un Gap de 8333,75 francs CFA correspondant a un gain pour le ménage par rapport à ce quil paye effectivement au titre de la TEOM. Ceci révèle le laxisme du mode de tarification actuelle c'est-à-dire la TEOM essentiellement basée sur la capacité contributive des ménages. En effet, la TEOM dont lassiette est le revenu net des immeubles ne peut répondre à lobjectif de protection de lécosystème de Dakar. Cest la raison pour laquelle nous proposons une tarification qui soit fonction des préférences des usagers du service de voirie c'est-à-dire les ménages ou mieux, une évaluation nette de coût de la gestion des déchets et leur répartition entre ménages. Si le premier mode de tarification apparaît comme étant peu incitant et requiert une claire définition des droits de propriété, le second en revanche lest moins. En effet, une tarification au volume ou au poids permet denvoyer des signaux prix correspondant à une réalité des coûts et une logique économique de lusager du service de voirie. Une telle tarification inciterait les ménages à réduire la quantité dordures offerte en modifiant leur comportement de consommation et/ou en accroissant les quantités récupérées en vue de les recycler. Dans loptique dune tarification au volume, une collecte par récipients appropriés devrait être envisagée ; ceci pourrait être un moyen plus simple pour la collectivité (Dakar) de percevoir une redevance en lincluant dans le prix de vente des sacs. Quant à la tarification au poids, une meilleure connaissance des charges liées à la gestion des ordures ménagères est nécessaire. En se referant à la gestion de 1998 qui prévoyait une enveloppe de 4,5 milliards pour le budget de nettoiement et en supposant que les tendances passées de lévolution de loffre dordures vont se maintenir (soit mille tonnes par jour environ) la base dune tarification au poids pourrait tourner autour de 13 francs CFA le Kg pour un budget de nettoiement équilibré. Quelle soit au volume ou au poids, une tarification, fonction des quantités de déchets rejetés par les ménages répondrait à la fois à lobjectif de réduction des ordures et à celui de lamélioration des recettes. Lenvironnement de Dakar gagnerait ainsi dans la mise en uvre dune politique de tarification des ordures, tout comme il gagnerait dautres innovations dans le domaine. Ainsi, lemploi simultané de moyens de collecte moderne (bennes et camions) et traditionnel (les charrettes par exemple) aboutirait à une amélioration du système de collecte. Lutilisation des charrettes aurait comme principal avantage daccéder aux zones qui souffrent de linsuffisance dinfrastructures routières. Quant à lemploi des bennes tasseuses et autres camions, il mérite dêtre poursuivi. Les résultats de lenquête ont révélé que lutilisation des bennes tasseuses ou camions réduit la distance au moyen de collecte et possède lavantage dassurer au moins la régularité de la collecte. Le supplément de coût inhérent à lutilisation de ces moyens pourrait trouver en partie une solution dans la poursuite de la privatisation actuelle du secteur des déchets urbains. Dakar pourrait continuer à garder lil sur la qualité du service afin déviter la résurgence des dépôts sauvages. Une autre action innovatrice consisterait dans la mise en uvre dune politique municipale de réduction de la pauvreté. En dehors des actions de lEtat en la matière, la lutte contre la pauvreté doit être décentralisée de manière à permettre aux responsables municipaux de cerner le problème afin dy apporter des réponses satisfaisantes à la fois sur le plan financier et environnemental. A cet effet, le groupement des ménages nécessiteux en coopératives artisanales dont les ordures ménagères constitueraient la matière première serait salvateur. Pour ce geste, nous partageons entièrement lidée selon laquelle la pauvreté serait cause et conséquence de la dégradation de lenvironnement. Celle-ci se retrouve dans le rapport de la commission BRUNDTLAND en ces termes : « la pauvreté est à la fois effet et cause majeure des problèmes globaux de lenvironnement. il est vain de tenter de traiter les problèmes environnementaux sans une large perspective capable de cerner les facteurs de la pauvreté mondiale et de linégalité internationale ». En matière de déchets, SUKERHIRO GOTOH a retenu trois(3) causes de mauvaise prestation du service de voirie chez les pauvres urbains. elles se résument au non payement de la taxe de voirie, à leur enclavement et à lincapacité des responsables municipaux de satisfaire tout le monde. Il sagirait ainsi dun cercle vicieux de la pauvreté quil conviendrait de dénouer. Une gestion écologiquement rationnelle des déchets doit viser en plus de lobjectif de minimisation des déchets, les objectifs de promotion du traitement et de lélimination écologiquement rationnelle des déchets et lextension des services en matière des déchets urbains. Dakar doit mettre à la disposition de la population linformation, les techniques et les moyens dactions appropriés pour encourager ladoption des méthodes de recyclage des déchets et aussi promouvoir lutilisation des produits recyclés ; Dakar peut recourir à laide de lEtat pour financer linstallation des petites unités de recyclage des ordures dans les différentes zones de collecte. La récupération dénergies à partir de ces unités pourrait être envisagée ; Mettre en uvre une politique dincitation à la réutilisation et au recyclables des déchets en adoptant la technique de collecte séparée des parties recyclables des déchets ménagers ; LEtat doit essayer dinclure des avantages et les obligations civiques associés à la réutilisation et au recyclage des déchets dans les programmes scolaires et les enseignements généraux pertinents ; Les organisations non gouvernementales et les associations tels les groupements dintérêt économique, impliquées dans la gestion des ordures, doivent en collaboration avec les autorités municipales, mobiliser la population en faveur de la réutilisation et du recyclage des déchets par des campagnes ciblées au niveau des zones les plus touchées ; Favoriser un transfert international de technologies adéquates, en particulier des technologies pour les établissements humains à forte densité ; Entreprendre la collecte et lanalyse des données en vue de fixer des objectifs et suivre les progrès réalisés ; Trouver un site approprié pour installer une décharge contrôlée offrant des garanties suffisantes de santé publique. Pour ce faire, létude des paramètres physiques et socio-économique de la région de Dakar confirme un certain nombre déléments qui nous ont permis dorienter cette recherche vers des solutions appropriées au milieu. Du point de vue démographique (± 2 millions dhabitant ), Dakar détenait 23% de la population totale du Sénégal qui était de 8573229 hab ) lors de notre première enquête en 1999. Cette population était concentrée sur moins de 1% de la superficie nationale avec plus de 90% demplois industriels. Sa croissance en termes absolus est la plus importante de tous les centres urbains du sénégal. Elle attire annuellement plus de 100.000 personnes qui quittent le milieu rural sénégalais pour sinstaller dans la capitale. Cette situation donne à la ville de Dakar une moyenne de 3.659 habitants/km2 contre 44 pour le reste du pays. Létude des paramètres pluviométriques de Dakar que nous avons entrepris, démontre que son contexte climatique est un peu particulier en ce quil enregistre 578 mm deau de pluie par an pour 34 jours sur 365. Au regard, des déchets, cette absence deau pendant une longue période(± 11 mois sur 12) favorise un séchage rapide des déchets ce qui conditionne le traitement surtout biologique de la partie organique représentant ±66,68% du gisement global des déchet ou matières premières secondaires. Cette situation est favorable au développement de la pollution atmosphérique. Notre étude de la nature et de la quantité des ordures ménagères de Dakar a démontré que la moyenne par habitant est pratiquement la même depuis plusieurs années (0,50 kg/h) soit depuis 1992 jusquà ce jour. Par contre, la quantité globalement absolue pendant ce temps na cessé daugmenter passant en 7 ans de 305.713 à 395.076 Tonnes de la partie ménagère soit une évolution globale de 89.363 Tonnes (23%) plus au moins 4% par année. Cet accroissement des déchets est subséquent à celui de la population, à lextension géographique de Dakar du fait de la saturation des zones urbaines au taux de couverture de collecte ainsi quau niveau de la charge de transport. Si rien nest entrepris pour améliorer cette situation, nos projections montrent quen 2008 et 2018, la production des déchets ménagers atteindra 559.005 et 954.484 Tonnes contre 305.700 Tonnes en 1992. Par ailleurs, la population passera de 1.675.111 habitants en 1992 à 5.137.326 en 2018. Le taux de croissance des déchets sera compris entre 11 et 30% tandis que le ratio par habitant et par jour sera de 0,50. La collecte actuelle se fait par conteneur et par système de porte à porte avec succès pour 60% des déchets produits. Cependant, plus ou moins 40% des déchets échappent à ces deux systèmes de collecte. Cette collecte peut être améliorée par la mise en uvre dun système de prise en charge des déchets à la base que nous avons décrit dans la quatrième partie. Ceci demande, comme dit plus haut de réadapter la taxation qui permet actuellement de ne récupérer tout au plus que 29% en moyenne par an des recettes sélevant en 1997 et 1998 à 2.550.356.476 et 2.084.629.616 FCFA. Après avoir mis laccent sur le taux de croissance de la population génératrice des déchets et qui sont devenus à la fin de ce travail, des matières premières secondaires ; le taux de croissance de ces dernières ; Leur système actuel de prise en charge (collecte et traitement) et leur taxation en cours, nous nous sommes penchés sur lunique cas de traitement officiel des déchets de Dakar. Létude approfondie de la décharge de Mbeubeuss, nous a permis de découvrir que sur le plan pédologique, elle est constituée dune succession hétérogène sablo-argileuse. Ceci rend la décharge perméable vis- à vis des eaux de percolation susceptibles de provoquer une pollution des nappes phréatiques Notons, cependant que la partie de trois nappes phréatiques directement sous linfluence de la décharge de Mbeubeuss est moins polluée que le reste des nappes grâce au phénomène de lécoulement hypodermique. Ce dernier est suscité par le séchage à 100 % des déchets qui constituent finalement une barrière pour les eaux. Grâce à cette barrière, les eaux sinfiltrent jusquà 1 ou 2 m avant de ressortir emportant avec elles de particules des déchets qui polluent les extrémités des nappes. Géographiquement, Mbeubeuss est située en plein milieu des quartiers habités et exposés aux pressions des vents dominants du NNO vers le NNE pendant plusieurs mois de lannée. Cette pression des vents dominants joue un rôle moteur dans le transport et la dispersion des poussières tant anthropiques (décharge de Mbeubeuss) que naturelles (lithométèores) qui peuvent être responsables directes ou indirectes de certaines affections. Notre étude épidémiologique de 1999 modifiée en 2005 sur le terrain nous a permis de constater que les zones avoisinantes à la décharge et qui sont contre les vents dominants ont un taux de mobilité compris entre 37 et 61.9% contre 30.3% qui est la moyenne générale de la région. Une autre étude entreprise par nous même pendant plus de 5 ans, nous a permis de constater que Mbeubeuss recevait en son sein en dehors des déchets ménagers, un complément annuel des déchets industriels et hospitaliers. Cet apport croissant, a permis de modifier le volume des déchets de 395.0 76 à 457.000 Tonnes par an avec un apport deau très limitée. Nous avons constaté en conclusion que Mbeubeuss reçoit annuellement en son sein un volume important des déchets qui est de lordre de 457.000 tonnes et une quantité très limitée deau. Après plusieurs tests et études sur le terrain, les résultats attestent que la décharge accuse une absence quasi totale de bio-gaz dont la production exige une quantité minimale deau de (457.000 T * 20 % deau) 91.400 m3 ou maximale de (457.000 T des déchets * 60/70 %) 274.200 m3. Cette insuffisance hydrique ne peut pas permettre le démarrage de la percolation deau dans les déchets qui déclencherait le processus de production du lixiviats. Labsence à la fois du bio-gaz, du lixiviats et un séchage prolongé de 11 mois sur 12, fait de Mbeubeuss une décharge intermédiaire dont les risques sont plus liés à lespace atmosphérique quà leau. Cest cet ensemble des paramètres environnementaux qui permettent de classer la décharge de Mbeubeuss dans la catégorie de décharge intermédiaire (un peu humide et avec une longue période sèche) La décharge de Mbeubeuss est brute et na de ressemblance avec une décharge contrôlée que par le volume des déchets annuellement réceptionné. Cest dailleurs ce volume annuel important réceptionné qui fait delle, une ressource et un gisement exploités. Cette situation nest pas seulement liée aux conditions socio-économiques des zones dont le revenu est faible, comme laffirme lOMS, mais également aux multiples pollutions visuo-atmosphérique, chimique et bactériologique y compris la présence des métaux lourds. Les nuisances sonores, les odeurs, les moustiques, les mouches et les rongeurs sont le quotidien de la population environnante et cest le résultat entre autre de linsalubrité et le manque dhygiène. Cette complexité des conditions sanitaires et atmosphériques peut être source de la prédominance des pathologies diarrhéiques, parasitaires et celles liées à la peau ainsi quaux voies respiratoires Après 35 ans dexploitation, la décharge de Mbeubeuss est arrivée au terme de sa durée de vie et sa meilleure gestion exige des nouvelles dispositions techniques et financières conséquentes. Pour réduire cette charge atmosphérique, nous nous proposons dériger trois stratégies : A court terme, il sagira de la pose dune couverture « intermédiaire » de terre au cours du fonctionnement de la décharge afin dempêcher lenvol des déchets et des odeurs nauséabondes de se répandre tout au tour. Cest une des solutions simples à mettre en pratique même si elle est contraire à la réalité socio-économique actuelle axée sur la fouille et la récupération des déchets au niveau même de la décharge pour plus de 350 personnes directement et indirectement pour 3500. Pendant le temps qui séparera lapplication de la première stratégie et lavènement de la deuxième stratégie qui elle, est définitive, il faudra sassurer dune bonne sensibilisation et formation de la population aux techniques de prise en charge du déchet à la source ou lieu de production ou de création selon les cinq principes de Fayol, 1900 ; Pichault, 1996 et M. Weill, 2004 qui constituent les règles de base de toute gestion moderne et stéréotypée de toute entreprise organisée. Ce temps de sensibilisation et de formation populaire, sera appelé « Période de pré-fermeture » au cours de laquelle, des économies en frais seront réalisées et à moyen et long terme, aideront à financer la création dune nouvelle décharge (troisième stratégie) à coût modéré et la pose dune couverture définitive de Mbeubeuss qui est la deuxième stratégie (voir données disponibles sur les frais de transport des déchets à Dakar dans la quatrième partie ) Les résultats des différents tests empiriques montrent que les déchets sont liées à plusieurs variables économiques et sociales retenues dans ce travail. Cest ainsi que les trois solutions successives ci-dessus annoncées feront lobjet de la quatrième partie et devra tenir compte des réalités socio-économique, sanitaire et environnementale de la région. Concernant la comparaison relative (benchmarking) de 9 zones de production des déchets de Dakar (Sénégal) par la méthode danalyse promethée, nous avons proposé une 1ère étude sur une analyse multicritère et un multiple « points de vue » de la gestion des déchets ménagers solides pour la communauté urbaine de Dakar. Cette analyse a surtout produit trois classements en termes de nuisance relative de neuf zones de cette communauté, daprès les objectifs généraux : la production, la collecte et le traitement des déchets ménagers solides. Ces classements ont eu pour but de découvrir la plus mauvaise et la meilleure des zones en termes de nuisance, en vue de trouver des remèdes généraux et spécifiques à la situation problématique de gestion des déchets ménagers solides dans cette cité dun pays en développement. Aussi, un classement général et un ludex de nuisance usant de la fonction de BORDA ont été proposés et discutés. Ce classement général peut-être mis en question à cause de la difficulté de trouver sur le champ suffisant des données sûres et pertinentes pour construire des mesures de récupération de nuisance. Plusieurs études supplémentaires pourraient produire plus dindicateurs raffinés pour cette mesure de nuisance. Néanmoins, le groupement des critères choisi est un premier essai pour construire une cartographie de nuisance des déchets ménagers solides et par conséquent, montrer quelques mesures damélioration spécifique pour chaque zone Par une exploitation de la littérature et principalement par plusieurs observations sur le terrain, nous proposons un groupement de remèdes généraux pour lentièreté de Dakar. Aucun de ces remèdes ne peut être considéré comme une panacée et leur application sur le terrain devrait être considérée avec la prudence requise. Nous devons aussi considérer que le micro-crédit est un instrument utile ou pratique pour améliorer le TRI des déchets ménagers solides qui est essentiel pour donner un bon retour dans le secteur de recouvrement et nous laisse le souvenir que le développement des petites entreprises est très important en Afrique. Probablement, les expériences pilotes seraient triées avant une application plus générale et leurs résultats successifs plein despoir pouvaient encourager plusieurs améliorations. La cartographie de nuisance serait utile pour désigner les expériences pilotes. Ces remèdes peuvent être pris alternativement ou comme sous-ensemble des mesures damélioration. En effet, les remèdes généraux, cités dans la section précédente, pour améliorer la gestion des déchets ménagers solides constituent aussi une chaîne daméliorations, sinon ils peuvent être mis en pratique ensemble pour bénéficier de leur renforcement mutuel. Ceci induirait des cercles virtuels en place des cercles vicieux actuels. Cest notre espérance. 1. Remèdes spécifiques pour les différentes zones de Dakar (cfr chapitre 4) Les zones structurées Z1 à Z4 sont généralement plus riches que les zones non structurées Z 5 à Z 9 et la collecte porte à porte est plus facile et les camions compacteurs peuvent continuer la collecte. La zone 2 a besoin dune réduction de production principalement par séparation à la maison des matières organiques. Pour la zone 3, la récupération du papier industriel est à encourager. la zone 4, est bonne en générale. Les Zones sous structurées ont toutes sans exception, besoin dune planification générale de tri, collecte et traitement adaptés. 2. Les remèdes généraux pour toute la ville de Dakar Pour une meilleure gestion des déchets ménagers solides : Le premier de tous les remèdes est la nécessité de réduire la production des déchets et daugmenter la collecte à la source ou à la base quil sagisse des ménages ou des institutions (écoles, administration, hôpitaux). Des circuits spéciaux devraient être organisés pour ce genre dordures avec des composantes récupérables.
Bibliographical Information:

Advisor:Reginster, Jean-Yves; Guiro, A.T.; Germain, Albert; Frenay, Jean; Coyette, Jaques; Porignon, Denis; Thonart, Philippe; Mairiaux, Philippe; Lebailly, Philippe

School:Université de Liège

School Location:Belgium

Source Type:Master's Thesis

Keywords:sanitaire environnement dechets gestion decharge

ISBN:

Date of Publication:03/07/2007

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